»La crainte de la mort est souvent pire que la mort elle-même »

​‘’L’ADMINISTRATION  PENITENTIAIRE  M’A  DIT  QUE  JE  NE  SERAIS  PAS EXECUTE.  MAIS JE  NE  SAIS  TOUJOURS  PAS  CE  QUI  VA  M’ARRIVER.  EST-CE  QUE  JE  VAIS  PASSER LES QUELQUES  ANNEES  QUI  ME  RESTENT  A  VIVRE  EN  PRISON  OU  EST-CE  QUE  MON CAS  VA  ETRE  REEXAMINE  ?  JE  SUIS  MALADE  ET  JE  N’AI  PAS  LES  MEDICAMENTS DONT J’AI BESOIN ICI. SI CELA CONTINUE, JE VAIS MOURIR EN PRISON’’. 

Cette déclaration  en date du  30 Mai 2016  de  Azonhito Yaovi Christophe  l’un des  quatorze condamnés  à mort  et  qui séjournent  depuis  près  de 20ans  dans  le couloir de la mort témoigne des  conditions  de vie inhumaine et  de  l’incertitude qui  plane sur  leur sort  malgré les  avancées  notables  réalisées  par le Bénin dans  le  processus  d’abolition  de la peine capitale. Amnesty International  de  concert  avec  le  Ministère  de la justice  a  réalisé  courant 2016  un projet  sur  la  situation  et  les conditions  de détention  des  14 condamnés à  mort  dont le rapport  présenté dans  la soirée  de  ce  16  Janvier 2017  à la  faveur d’une conférence de presse,  est  intitulé  BENIN. DES VIES EN  SUSPENS.  LE SORT INCERTAINS  DES DERNIERS CONDAMNES  A  MORT. 



DES ALLOCUTIONS  D’OUVERTURE  ! 

A  l’entame  de cette conférence de presse très  représentative,  Wilfried  GOUDOU  et  Fidel KIKIAN respectivement  Président  et  Directeur  de  Amnesty International  Bénin, ont  adressé tour à tour leur remerciement  à  l’endroit  aussi bien  de la communauté des  défenseurs  des droits  humains  au bénin  ainsi qu’aux  institutions  de la République pour leur  franche collaboration dans  l’évolution  de la situation  relative à  l’abolition  de  la  peine de mort  dans notre  pays. 

Attendre la  mort  est plus  pénible que  la  mort  elle-même  a martelé Fidel KIKAN tout  en rappelant  le contexte  de ce  rapport. Le  contexte  faut-il le dire s’inscrit  dans  le cadre d’un plaidoyer  d’une part  pour la commutation  des peines  des  quatorze condamnés  à mort  à des  peines de travaux  forcés à  temps  tout  en prenant  en  considération le temps  déjà passé dans  le couloir de la mort  vu  l’avancée du Bénin dans la ratification  en 2012  du 2ème protocole facultatif  se rapportant  au Pacte International  relatif  aux  Droits  Civils  et  Politique  abolissant  la  peine capitale  et  d’autre  part  pour l’adoption  urgente du  projet  de code  pénal pendant  devant l’Assemblée Nationale depuis  au moins  22ans  avec  abolition  expresse de la  peine de mort. 

DE  LA PRESENTATION  DU  RAPPORT  

Présenté par  François  PATUEL, Chercheur  au sein  du  Bureau Régional d’Amnesty International, ce  rapport  de 20 pages subdivisé en  quatre grandes  parties  (Contexte, Les oubliés du  couloir  de la  mort, Le  statut  juridique  de  la  peine de mort  au Bénin et  la Conclusion  et  les  recommandations)  renseigne amplement  sur  la  situation  carcérale des  14 condamnés  à mort  au Bénin.  

Si la  dernière condamnation à  mort  a été prononcée  en  2010 et que le Bénin  s’est engagé  à ne  procéder  à aucune exécution depuis lors, il est  tout  de même constant  que la  commutation des  peines des condamnés à mort peine à être  effective  de même que  l’amélioration des  conditions de  vie  car faudrait-il le rappeler, ils  manquent  de tout.  ‘’LORSQUE NOUS  SOMMES MALADES, NOUS  DEPENDONS  DE  L’AIDE  QUE  L’ONT PEUT  OBTENIR  DE  L’EXTERIEUR.  SI VOUS  AVEZ  DE  L’ARGENT  ET DE  LA FAMILLE POUR AVOIR UN TRAITEMENT,  VOUS SURVIVEZ. SI VOUS  N’EN AVEZ  PAS, VOUS  MOURREZ’’  a déclaré  Fataï BANKOLE, condamné  à mort  à  la  prison d’Akpro-Missérété, 30 Mai 2016, extrait  du  présent  rapport, page 8. 

Il y a à  la  date  d’aujourd’hui  14  condamnés  à mort  au Bénin, dont  10 Béninois, deux  Nigérians un Togolais  et  un  Ivoirien. Ils  ont  pour la plupart  été jugé  en 1998  soit  19  ans.  ‘’LA CRAINTE DE  LA MORT  EST SOUVENT PIRE QUE  LA  MORT ELLE-MËME.  PENDANT DES ANNEES JE ME SUIS  REVEILLE EN  ME DEMANDANT:  EST-CE QUE  JE VAIS  ËTRE EXECUTER AUJOURD’HUI, DEMAIN, DANS  QUELQUES  MOIS OU DANS  QUELQUES ANNEES  ?  Dixit AZONHITO  YAOVI CHRISTOPHE  l’un des  quatorze condamnés  à mort, page  9.   

Cette  incertitude notoire  des  condamnés  sur  leur  sort  témoigne de l’inquiétude qui  règne au sein  de la communauté des défenseurs  des droits  humains  et  pousse Amnesty International à faire  des recommandations  aux  pouvoirs  publics.

 Des  recommandations  qui se résument  au réexamen  et  en  la  réformation de  la  législation  Nationale  de  façon  à abolir  toutes les dispositions  concernant  la peine capitale ainsi qu’à commuer les peines  capitales de tous  les présents  condamnés  à mort  en prenant  en compte le nombre  d’années  déjà  passé en  prison. 

Il est aussi important  d’offrir  d’une part  une aide juridictionnelle à tous  les  condamnés  à mort afin qu’ils  puissent  poursuivre  tout  recours, demander un  recours en  révision  judiciaire  de  leur condamnation ou  solliciter  la  commutation de  leur peine capitale  et  de garantir  de meilleures conditions de détention en conformité avec les Nelson Mandela des Nations-Unies.

 DES DEBATS

Des débats, il est  essentiel  de retenir  l’intervention  des  enfants  des condamnés, des  invités (Reine  ALAPINI-GANSOU,  Alexis AGBELESSESSI,  Prudent  Victor  TOPANOU)  et  des partenaires d’Amnesty International  Bénin.

De  l’intervention  du  fils  de l’un des  condamnés  à  mort  devenu  adulte car  n’ayant  que 5ans  au moment  de la condamnation de  son géniteur,  il est  important  de retenir  les conditions inhumaines dans lesquelles  vivaient  son  père  à la prison civile de cotonou avant son transfert à la Prison de Akpro-Missérété et  la  quasi  impossibilité de lui rendre visite pendant  une certaine période  avant  que cela ne soit  possible aujourd’hui avec trois  visites par  semaines.

Alexis  AGBELESSESSI,  Magistrat  et  actuel Président  de  la  Commission  des  lois au  parlement, réaffirme  son engagement  à résoudre le problème lié  à la  commutation des  peines des condamnés  à mort  et  à  œuvrer  de  concert  avec ses pairs  à  l’adoption  du  projet  de code  pénal avec mention  expresse de  l’abolition  de la peines  de mort  et  la  prise en  comptes des recommandations.

Me Reine ALAPINI-GANSOU, Avocate à  la  Cour Africaine des  Droits  de  l’Homme et  des Peuples, viendra  pour finir  donner  quelques  sources de motivations  à Alexis  AGBELESSESSI qui se traduisent  par la reconnaissance sans  faille de toute la communauté des défenseurs des droits  humains  à  son endroit  si la situation  venait  à  être  résolue  dans  un  futur  proche.

SI LA  PEINE  DE  MORT EST CONVENTIONNELLEMENT ABOLIE PAR LE BENIN, QUEL  EST  ALORS  LE STATUT JURIDIQUE  DES  14  CONDAMNES  A  MORT  QUI PURGENT  LEUR  PEINE DEPUIS PRES DE 20ANS  ???   

Cotonou, le 16 Janvier 2017,

Glory Cyriaque HOSSOU.

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Amélioration des conditions de détentions en milieux carceraux en République du Bénin: les OSC lancent une quinzaine de plaidoyers!

Surpopulations carcérales, manque d’eau potable, manque de nourriture, cohabitation entre prévenus et détenus, cohabitation entre mineurs et adultes condamnés, manque de politiques de réinsertion des anciens condamnés…. autant de maux qui minent les  prisons Béninoise et qui ont fait appel à une action concertée des Organisations de la Société Civile Béninoise ce mardi 25 Octobre 2016.



A l’initiative de Changement Social Bénin en collaboration avec ses partenaires locaux, techniques et financiers (le Haut Commissariat des Nations-Unies aux Droits de l’Homme, le Programme des Nations-Unies pour le Développement, le Centre pour les Droits Civils et Politiques, la Ville de Genève, le Ministère de la Justice…) la quinzaine de plaidoyers pour l’amélioration des conditions de détentions en milieux carcéraux en République du Bénin a été lancée à la Maison de la Société Civile.

Étaient présents à ce lancement,la Directrice des Affaires Pénitentiaires et des Droits de l’Homme Inès HADONOU-TOFFOUN, le Président du Bureau Exécutif de Changement Social Bénin Ralmeg GANDAHO, le Directeur de Amnesty International Bénin Fidel KIKAN, le Président de l’Institut pour le Plaidoyer en Afrique Clément CAPO-CHICHI , la Représentante de l’ambassade française près le Bénin Mey Elyda (attachée de coopération) pour ne citer que ceux là.

Dans sa prise de parole, Ralmeg GANDAHO a procédé au rappel des mesures législatives prises par l’Etat pour la garantie d’un bon séjour des détenus en milieux carcéraux et les recommandations faites par le Comité des Droits de l’Homme des Nations-Unies lors de sa 115ème session. Il a fini par un plaidoyer pour la mise en application des ces mesures législatives afin que les conditions de détentions puissent réellement s’améliorer.

Fidel KIKAN Directeur de Amnesty International Benin a quant lui fait cas de la situation alarmante que prévaut dans nos prisons. En effet, il est à noter le manque criard de médicaments (Paracétamol) pour une population estimée à plus de 2000 détenus. Il a souligné ensuite le manque de moyens roulant pour le transfèrement des détenus avant de saluer l’adoption récente de la loi portant travaux d’intérêt général en République du Benin, et plaider pour la prise en compte de la criminalisation de la torture par le nouveau code pénal.

Inès HADONOU-TOFFOUN Directrice des Affaires Pénitentiaires et des Droits de l’Homme, dans son discours a rappelée les efforts du gouvernement pour l’amélioration des conditions de détentions en milieux carcéraux au Benin. Elle a rappelée le recrutement prochain de 80 auditeurs de justice dans le but de renforcer la célérité de l’appareil judiciaire et la construction prochaine de nouveaux centres de détentions dans le pays. Elle a fini par le rappel de la main tendue du Ministère de la Justice à accompagner les OSC dans la protection et la promotion des droits humains dans notre pays.

Clément Capo-chichi, Président de l’Institut pour le Plaidoyer en Afrique, a dans sa prise de parole féliciter Changement Social Bénin pour l’initiative avant d’insister sur la mise en application réelle des règles minima dites règles Nelson Mandela encadrant l’amélioration des détenus en situation de détentions. Il a finit en insistant sur l’importance de la vulgarisation des droits des détenus car l’expérience montre que les détenus ne sont pas informés de leur prérogatives. 

Mey Elyda Attachée de coopération de l’Ambassade de France près le Bénin, dans son intervention s’est montrée séduite, par la présence remarquable d’Homme des médias pour le relaie de l’activité, par la synergie d’actions existante entre les OSC et le Ministère de la justice pour l’amélioration de la situation des détenus au Bénin. Elle a finit en rappelant la disponibilité de l’Ambassade Française à accompagner les OSC du Benin pour un bon séjour des détenus dans les centres pénitentiaires.

C’est sur ces mots que la quinzaine a officiellement été lancée avec présentation des affiches aux participants. Rendez-vous a donc été pris sur le terrain pour l’aboutissement effectif des résultats escomptés.




Rédaction Glory Cyriaque HOSSOU, modérateur de séance.

Campagne de 15 jours sur l’importance de la protection du droit à la vie: nul n’a le droit de se faire justice soi même !

​Lancement ce matin à la Maison de la Société Civile, de la  »Quinzaine sur le droit à la vie » organisée par l’ONG Changement Social Bénin et ces Partenaires locaux, Techniques et Financiers je veux citer le PNUD, le Ministère de la Justice, le Centre pour les Droits Civils et Politiques, la ville de Genève et l’OIF.

La quinzaine vise à sensibiliser les populations béninoise sur l’importance du droit à la vie de chaque individu, vu la recrudescence ces derniers jours de la vindicte populaire et de l’infanticide surtout dans la zone septentrionale du pays alors même que le Bénin a conventionnellement aboli la peine de mort.

Durant quinze jours donc, les acteurs de la société civile vont mettre les bouchés double à travers des campagnes médiatiques et les sensibilisations sur le terrain afin d’éradiquer une fois pour de bon ces fléaux hors de nos frontières.

La justice, oui mais celle étatique est encore mieux.
 »Aucun de nous, en agissant seul, ne peut atteindre le succès » Nelson Mandela.

Mobilisons-nous donc !!!

Cotonou le 19 Juin 2016