C’est ce qu’on peut retenir du rapport annuel d’Amnesty International rendu public ce jeudi 22 févr. 18.

Comptant 488 pages, ce rapport rédiger dans 159 pays et territoires montre à quel point la question des droits de l’Homme est devenue préoccupante. Préoccupants parce qu’ils font l’objet de violations répétées par les dirigeants. Ceux-là qui, en principe devraient assurer leur éclosion, leur promotion, leur protection. L’espace public de discussion est désacralisé et fait objet de restrictions quotidiennes. Le cas du Bénin, de la Turquie, du Togo, et surtout de la République Démocratique du Congo sont suffisamment illustratifs.

Ce dernier pays a notamment excellé dans la méconnaissance des droits fondamentaux de la personne humaine courant 2017 et début 2018 avec la répression des mouvements pacifiques. Où le pouvoir répond avec des tirs à balle réelle face à des citoyens qui manifestent à main nue, bandeau autour de la tête pour dire leur indignation. Les chapelles sont prises d’assaut et le clergé catholique victime des tirs à balle réelle. Le peuple, véritable détenteur du pouvoir dans une démocratie se retrouve être traqué dans l’exercice de ses droits. Le cas du Bénin est aussi évoqué dans ce rapport. La restriction des libertés dont a été victime les populations revient avec force. Restrictions tenant à liberté de presse où les médias ont été fermé arbitrairement réduisant au silence des journalistes ; à la liberté d’association et de manifestation, le cas de la suspension des activités des organisations estudiantines par un décret pris en conseil des ministres reste présent à l’esprit ; les lignes rouges tracées et autres intimidations pour empêcher la jouissance des libertés ;

le dernier exemple est celui du mardi 20 février 18 où les femmes des marchés du Bénin ont été empêchées de jouir des droits que la constitution leur reconnaît.

Comment peut-on parler de 2017 sans évoquer la loi votée fin décembre par le parlement béninois pour retirer le droit fondamental de grève agents de la santé, de la justice et les forces de sécurité publique ???

Un recul de la démocratie et de l’Etat de droit tout simplement. Mais heureusement que la Cour Constitutionnelle a rétablie la norme en épargnant au Bénin une crise sociopolique sans précédent depuis le renouveau démocratique. La reconnaissance du Président de la République plus tard lors de la rencontre avec les centrales et confédérations syndicales nous renseignera qu’il était l’un des instigateurs si non le véritable artisan cette manœuvre grotesque digne d’un Etat voyou.

Cet état de chose montre à suffisance la nature et le niveau d’engagement politique et citoyen déplorable des parlementaires béninois, qui résonnent non du fait de leur conscience mais d’un ordre extérieur auquel ils ne peuvent s’opposer. Alors même que le rôle du parlement dans une démocratie est d’être à l’écoute du bas peuple et de servir de contre-pouvoir.

Ceci pose également le problème d’éducation aux droits humains des parlementaires béninois. Si rien n’est fait, ceci pourrait entraîner à la longue des situations désastreuses pour la démocratie et l’Etat de droit. Il est aussi important que le peuple tire leçon de ces précédents pour mieux opérer des choix à l’avenir.

2017 fût également une année marquée par l’inexécution des décisions de justice, alors même que la constitution rend responsable, le Président de la République garant de l’exécution des décisions de justice.

L’un des cas les plus récents de cette matière est la non désignation jusqu’à ce jour des membres du Conseil d’orientation et de Supervision de la Liste Electorale Permanente Informatisée (COS-LEPI) malgré la décision de la Cour Constitutionnelle, organe suprême de régulation du fonctionnement des institutions au Bénin.

Cette situation d’insécurité dans laquelle, et l’exécutif, et le parlement, plongent le pays, pourrait avoir des conséquences pour notre démocratie dans un futur bien proche.

L’instrumentalisation des médias, les attaques orientées vers certains acteurs de la société civile qui sont devenus les seuls véritables de veille au Bénin, sont autant de réalités qu’on ne saurait occulter.

L’annonce, mercredi 21 févr.-18, veille du lancement du rapport d’Amnesty international sur la situation des droits humains dans le monde, de la commutation des peine des 14 condamnés à mort en peine de réclusion criminelle à perpétuité par décret pris en conseil des ministres est certes louable, mais on pouvait mieux faire.

Comment se vanter d’avoir commuer les peines de personnes détenues depuis 20 ans dans le couloir de la mort en peine de réclusion criminelle à perpétuité alors qu’on pouvait les soulager autrement si tant est qu’on veut véritablement répondre aux exigences d’humanité ?

Ces réalités appellent aujourd’hui à plus d’engagement citoyen dans une veille constante et d’investir l’espace public de discussion afin de contraindre les gouvernants à plus d’écoute.

GLORY CYRIAQUE HOSSOU, ACTIVISTE DES DROITS HUMAINS.

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6 réflexions sur “L’humain a fléchi devant le capital en 2017!

  1. C’est vraiment dommage pour notre pays! Doublons de veille, de contrôle citoyen de l’action publique ! Il nous faut plus d’actions fortes envers le pouvoir en place de la part de toutes les couches de la société, notamment les jeunes et les femmes.

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