…La femme au même titre que l’homme est une actrice de développement…

Elle est une jeune militante des droits humains, elle est Présidente d’une organisation de promotion de la femme depuis près d’une décennie, elle est convaincue que le développement de la nation Béninoise ne peut se réaliser sans l’apport de toutes les composantes de la société surtout celui des Femmes. Elle, c’est Raimath Djibril Moriba

Envie de mieux la connaître, de comprendre son engagement, sa conviction???  Et bien lisez ! 

Quand  as-tu  créée  Femmes Engagées pour  le Développement  et  pour  quels  objectifs  ? 

Merci  Glory pour le  privilège  que tu  me fais en  me  permettant  de  me prononcer sur l’actualité de la femme en ce mois qui nous est dédié.

 L’idée  de création  de L’ONG-FED,  est  venue  de moi  parce que  j’ai été convaincu  très  tôt qu’aucun  développement  ne pouvait  être  espéré  si  plus  de 52%  de la population est  écarté. Plus  tard, l’idée  s’est  élargie  vers  d’autres  esprits  engagés  et  éveillés  qui avait  la  même motivation  que moi  de participer  de façon efficiente à la résolution  des  problèmes des  femmes et  des jeunes. 

 En effet,  dès  sa création  en  Mai 2009, nous  avions  planifié  et  mis en  œuvre  une série  de projets  et  programmes qui  devraient  booster certaines  femmes  qui ont  des  ambitions prospectives  de développement. C’est dans  cette  logique,  que nous  sommes  allés  en  appui  aux femmes bénéficiaires  de  micro crédits  de l’Ouémé  pour des programmes d’alphabétisation  afin qu’elles  puissent  gérer  rationnellement  les  ressources  à elles  octroyées.  Nous  avions  aussi participé à une campagne  d’informations  et  de sensibilisation  sur  l’utilisation  sans  conditions des moustiquaires imprégnées  dans  le but  de réduire  les mortalités infantiles et  également  des femmes en  couches. Ce programme a été réalisé  avec  le concours des  femmes Soroptimistes  de la  commune de ZE et  du  Ministère de la santé qui  est l’un de  nos  partenaires  techniques.

 Etant  toujours dans  les  principes de notre  vision,  nous  avions  organisé une  série  de formation certifiée par le Cabinet  H&C  business  sur  la « Planification  et  la  gestion  de projet communautaire. »  Ce projet, avait  pour ambition  de doter  les  jeunes femmes  ayant  pour ambition l’auto-emploi  de  pouvoir concrétiser leurs  rêves.   Récemment, l’ONG-FED,  s’est  illustré  à travers  son  programme de Paix  et  de développement qui vise à mettre  les  femmes  au  cœur  de  l’apaisement  des tensions  sociales  en  les  amenant  à affirmer  leurs  leaderships  sur  les  questions  d’actualité dans  notre  pays. C’est  le sens  de notre concept  Peace Lady qui  est  en vogue  depuis  Décembre  2016. La Peace Lady élu  pour 2017,   est Madame  Huguette AKPLOGAN  DOSSA

Après  27ans  de démocratie  pluraliste,  quel bilan  fais-tu  en ce qui  concerne la participation des femmes aux instances décisionnelles  de notre  pays  ?



 Après  27  ans  de démocratie  pluraliste,  le tableau de participation des  femmes aux instances décisionnelles est  toujours au  signal rouge  au Bénin. Les  femmes  sont  toujours sous représentées  dans  tous  les  domaines et  secteurs d’activités. Cela s’explique d’une part, par le faible taux  d’alphabétisation des  femmes et  aussi de leurs absences  et  leurs  manques d’engagement  dans  les  secteurs stratégiques de décisions.  D’autre  part, on  note une absence de planification de  mesures  incitatives  visant  à permettre  aux femmes  de s’engager  dans  l’action politique  par exemple, sans  être  sujette à des critiques  négatives. Dans  ce  sens, nous  saluons l’initiative de  Maître  Adrien  HOUNGBEDJI qui  a  émis  récemment  l’idée  sur  la  nécessité d’augmenter  le nombre  de sièges dévolus  aux  femmes au  parlement.  Ce serait  une avancée significative  si cette proposition  de loi  venait  à être une réalité dans  notre  pays. 

Merci. Quelle est  la  teneur  du  thème retenu pour la célébration  de  cette journée internationale de la  femme  ?

 Le thème de cette année:  ‘’Les  femmes  dans  un  monde  de travail en  évolution:  une  planète 50-50 d’ici  à 2030’’,  est assez  significative dans  la  mesure  où  elle touche   le  problème des femmes dans  l’exercice  de  leurs  différentes  activités.  L’ONU à travers  ce  thème veut  juste  bâtir un monde  de travail différent  pour les femmes. Nul n’ignore aujourd’hui, que   les  femmes vivent  des inégalités macabres sur  le  terrain professionnel et   qu’il urge d’apporter  des  solutions durables  pour pallier  à  ces déséquilibres  sociales. Il  faut  en effet, réduire  l’écart  salarial entre hommes et  femmes, qui  se situe  à 24%  à l’échelle  mondiale.  Il  faut  aussi des  mesures  pour combler les écarts  entre  les sexes en  matière de leadership, d’entrepreneuriat  et  d’accès  à la protection  sociale.  En outre  les  politiques  doivent  prendre en  compte l’écrasante majorité des femmes dans  l’économie  formelle et  leurs  garantir  l’accès  aux  technologies  et  autres  pratiques innovantes,  à un  travail digne  et  décent. Il est  également  impératif  d’assurer  la  protection  des femmes contre  la  violence sur le  lieu  de  travail. Espérons  simplement  que cette volonté  de l’ONU de résoudre  ces  inégalités sensibles, ne reste pas  simplement  à l’étape  de projet. 

Que  penses-tu  de  ces jeunes  femmes  qui se battent  comme toi  aujourd’hui  afin que demain puisse être  meilleur  ? 

Je  suis  heureuse de constater que, de plus  en plus  on note une preuve de  leadership  auprès  de certaines jeunes  femmes  qui se font   facilement  remarquées  positivement  dans  le domaine où elles  choisissent  d’intervenir. C’est là une grande  avancée  et  c’est la preuve  que le chemin de l’espoir  se trace sans  ambages. Nous  pouvons  donc espérer  que dans  10,  20ans,  nous  verrons des  femmes  accomplies  et  assumées.  Permet  moi    de  rendre hommages  à ces femmes  qui comme moi, agissent  et  marquent  d’une influence  positive, leurs communautés. Je  veux  parler de  Madame  Marielle DEGBOE, Sara IDOHOU, Carmen TOUDONOU,  Daniella Dany,  la jeune styliste  Nana Wax,  les  jumelles  Nadine et  Nawal  avec  leurs  collections  les  pagneuses   et j’en passe…. Ces jeunes  dames  dont  la liste  n’est  pas  exhaustive, font  incontestablement  la fierté de la gente  féminine et  constituent  sans  nul  doute l’avenir  d’un  Bénin  prospère  et rayonnant.

 Tu penses qu’un jour  viendra  où  le Bénin  aura une  femme  comme  Présidente de la République ?

 Pouvons-nous  avoir un  jour une femme Présidente de la République au  Bénin?Pour moi  cette question est  un  non-lieu,  parce qu’elle  ne devrait  pas  être  posée. La  femme,  au même titre  que l’homme,  est  de  développement. Pourquoi arrivé à exclure  la  participation d’un acteur,  à la  gestion  et  à l’exercice de la pratique  du  pouvoir?  C’est là une discrimination  et  une violation  simple des droits  et  libertés humaines. Le  Bénin n’a rien  de singulier de moins  ou  de plus  que le Libéria qui a,  à sa tête une  femme ou  l’Allemagne  où  la  chancelière Angela  Merkel dirige  de main  de maître!  Même si on  peut  considérer  que ce  sont  des concours de circonstances qui  ont  portés ces  femmes, ces  mêmes  concours  peuvent  portés un  jour une femme béninoise au  pouvoir.  Après  tout, ne  dit-on  pas  que  le pouvoir est  d’essence divine? Partant  de là, avec le potentiel existant, le  Bénin  et  bien  d’autres  pays  en Afrique pourraient connaître  des  femmes  présidentes et  ce  serait  le début  d’une nouvelle ère. J’invite tout simplement  les  compatriotes à  un  changement  de  mentalités vis  à  vis  des  femmes courageuses qui osent  l’action  publique et  politique. Elles ne sont  pas  forcément  de légères  mœurs. L’engagement  et  l’affirmation   d’une  femme n’est  pas  synonyme d’insubordination  ou  d’atteinte aux  valeurs  endogènes.   On peut  être  une femme  politique  et  être  bonne  mère, une  bonne épouse.  Tout  est dans  la  Planification  et  dans  l’objectif. Dans  tous  les  cas, je  reste persuadée que nous  amorçons  le siècle des  femmes d’un  pas  assuré.  

 Raimath Djibril Moriba,  merci  pour t’être  rendue disponible et du courage pour la suite !

 C’est moi, et courage à toi dans tes entreprises en faveur des droits humains !!!

 Cotonou, le 05 Mars 2017.

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Une réflexion sur “…La femme au même titre que l’homme est une actrice de développement…

  1. Bon boulot, cher juriste.

    Je pense que la célébration internationale de la journée de la femme doit être une auberne pour nos soeurs et mères, pour plus d’engagement dans toutes les sphères de la société.

    Elle doivent, par ailleurs, avoir à l’esprit que leur lutte ne doit s’inscrire dans une logique de demande de faveur ou de compassion.

    Aimé par 1 personne

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