Le débat citoyen!

 »Il n’y a pas de temps pour le débat, le débat est de tout les temps »  c’est ce qu’à compris l’Association Béninoise de Droit Constitutionnelle (ABDC) en organisant ce Jour, Jeudi 21 Juillet 2016,  » les troisième entretiens politiques  » dont le thème général portait sur les <<Réformes politiques et institutionnelles au Bénin>>.

Les divers acteurs qui animent la vie sociopolitique du pays ont été conviés à ce débat pour relever le niveau des échanges sur le rapport déposé par la Commission DJOGBENOU, chargée d’opiner sur les réformes politiques et institutionnelles dont le Bénin a besoin pour son développement durable.

Les troisièmes entretiens politiques de l’ABDC avaient pour objectif général la présentation succincte du rapport de la commission DJOGBENOU chargée de réfléchir sur les réformes politiques et institutionnelles pouvant permettre au Bénin d’amorcer une nouvelle marche pour un développement durable, et de permettre aux participants de pouvoir apporter leurs différents points de vue sur ledit rapport. 

Les débats sur la constitutionnalisation de la Cour des Comptes et le mandat unique ont beaucoup plus retenu l’attention des participants même si on aurait aimé que la question des droits humains soit aussi débattue avec beaucoup de vigueur comme on a pu le constaté ce jour.

Si la question de la constitutionnalisation de la Cour des Comptes et l’indépendance totale des juges devant y siéger a fait l’unanimité dans le rang des panélistes et des participants. La question sur le mandat unique à quant à elle enregistrée beaucoup de divergences. Les pros mandat unique soutiennent que cette nouvelle réforme apportera toutes les vertus de développement au Bénin car le Président devra  désormais se consacrer à son seul et unique mandat dénué de toutes idées de réélection. Les anti mandat unique ont quant à eux souligné le fait que le Bénin a toujours connu depuis 25ans une stabilité politique, et que même l’article 42 de notre constitution a déjà réglé en soi la question du mandat unique.

D’autres questions non moins importantes ont également été débattues mais très vite, à savoir, les questions sur ; l’immunité parlementaire des députés, le mandat des juges de la Cour Constitutionnelle, la constitutionnalisation de la CENA….

Glory Cyriaque HOSSOU

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LA PROBLEMATIQUE PROCEDURALE AU CŒUR DE LA PROTECTION DES DROITS DE L’HOMME PAR LA COUR CONSTITUTIONNELLE DU BENIN

La justice constitutionnelle est définit par le Professeur Louis Favoreu comme étant l’ensemble des institutions et techniques grâce auxquelles est assurée, sans restriction, la suprématie de la constitution.

Au bénin, cette justice constitutionnelle est assurée au terme de la constitution du 11/12/1990 par la Cour Constitutionnelle qui est la plus haute juridiction de l’Etat en matière Constitutionnelle. Elle est juge de la constitutionnalité des lois et règlements, garante des droits et libertés fondamentales mais aussi et surtout juge de régulation du fonctionnement des institutions et de l’activité des pouvoirs publics. Ses décisions sont insusceptibles de voies de recours et s’imposent à toutes les autorités civiles, militaires et juridictionnelles.

Quels sont les types de droits susceptibles d’être traités par la Cour constitutionnelle du Bénin ?

Depuis son installation en juin 1993, la plupart des affaires dont la Cour a été saisie relève des violations liées aux droits civils et politiques et ceux économiques et socioculturels. C’est-à-dire, des violations liées à la liberté d’expression, de manifestation, de réunion, de cortège, l’accès à l’éducation, à l’eau potable, à un travail décent et bien d’autres. Pourvu que ces droits violés soient consacrés par la constitution béninoise mais aussi par la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des peuples qui fait partie intégrante de notre constitution. Particularité béninoise.

Comment donc saisir la cour constitutionnelle du Bénin ?

Saisir la Cour Constitutionnelle est très simple. Trois possibilités s’offrent généralement aux requérants. Soit la voie d’action, sois la voie d’exception ou soit la saisine d’office. Une dernière possibilité existe, mais elle est exclusivement réservée à la Cour elle-même. Il s’agit de l’auto saisine de la Cour.

La saisine par voie directe est la prérogative reconnue à tous les béninois qui se sentent lésés dans la jouissance de leurs droits et libertés publiques de pouvoir saisir la Cour Constitutionnelle pour obtenir réparation des préjudices subis. La requête adressée à la Cour doit comporter à peine de nullité, l’identité du plaignant, ses adresses, les faits, les droits violés et la signature du requérant.

La voie d’exception elle, fait référence à l’exception soulevée devant les juridictions ordinaire au cours d’une affaire. Lorsqu’elle est soulevée par l’une ou l’autre des parties, le juge ordinaire sursoit à statuer (suspend la procédure) et transfert l’exception aux sages de la Cour Constitutionnelle. La procédure ne pourra reprendre qu’après la décision de la Cour Constitutionnelle qui s’imposera au juge ordinaire. Ce fût le cas, en mai 2009, quand la Cour Constitutionnelle a été saisie par un jugement avant-dire-droit relevant une exception d’inconstitutionnalité soulevée devant la première chambre correctionnelle du tribunal de première instance de Cotonou par Mme Nelly HOUSSOU et Mr Akambi Kamarou AKALA, assistés de Me Reine ALAPIN-GANSOU, substituée par Me Ibrahim David SALAMI et Me Magloire YANSUNU. La requête avait pour objectifs de solliciter de la cour, une inconstitutionnalité des articles 336 à 339 du code pénal en vigueur au Bénin en ce qu’ils violent les articles 26 de la constitution, 2 et 3 de la Charte Africaine des droits de l’Homme et des Peuples qui consacrent le principe de l’égalité de l’homme et de la femme en droit. La cour accèdera à cette requête en 2009 en soulignant que toute différence de traitement entre l’homme et la femme en matière d’adultère, est contraire à la constitution.

N’y a-t-il que ces deux moyens pour saisir la cour constitutionnelle ?

Non, en dehors de ces deux premiers moyens, deux autres biens particuliers existent. Il s’agit de la saisine d’office et de l’auto saisine.

Le premier tire sa sources des articles 121 alinéa 2 de la constitution, repris par l’article 33 alinéa 3 de la loi organique sur la Cour constitutionnelle et l’article 30 du règlement intérieur de la Cour qui confèrent à la Cour la possibilité de saisine d’office sur la constitutionnalité des lois et de tout texte réglementaire censés porter atteintes aux droit humains. Cette modalité peut s’opérer sur les requêtes jugées irrecevables dans la forme et dont le fond pose un problème d’atteintes aux droits fondamentaux ou encore les requêtes dont les auteurs désistent en cours de procédure. Ce moyen a comme avantage de permettre aux sages de la Cour, de purger l’ensemble des irrégularités contenues dans le fond et que le requérant n’a pas su ressortir. Alors la cour anticipe et clarifie à l’avance. Elle est une procédure particulière de protection des droits fondamentaux des particuliers. De 1993 à 2003, 67 requêtes soit 16% de l’ensemble des décisions rendues par la Cour, l’ont été sur saisine d’office.

Le second moyen, l’auto saisine, ne s’opère que dans trois conditions et relève de l’exclusivité personnelle de la Cour. Elle relève de l’article 117 de la constitution. Il s’agit de l’auto saisine en matière d’élection présidentielle (irrégularités constatées), en matière erreurs matérielles et en matière de référendum.

Est-ce que la Cour Constitutionnelle donne réparation aux victimes la plupart du temps ?

Jusqu’en 2002, les réparations allouées par la Cour constitutionnelle aux victimes n’étaient que de simples satisfactions morales. Elle se contentait de constater les violations et de les déclarer contraires à la constitution sans aller plus loin. Une révolution était donc attendue, car les victimes ne pouvaient se contenter d’une simple réparation morale alors que leurs bourreaux continuaient à circuler librement sans être inquiétés. Une telle situation favorisait l’impunité et rendait le travail de la cour inefficace. La révolution est venue des décisions Fanou et Favi au début des années 2000. Dans ces deux espèces , la Cour constatera non seulement les violations manifestes des droits fondamentaux des deux victimes, mais ne s’arrêtera pas en si bon chemin. Elle va maintenant au-delà en précisant que ces violations ouvraient droit à réparation. Fin donc de la satisfaction morale constatée jusque-là. Il revient désormais après la décision de la Cour Constitutionnelle, aux plaignants, de se munir de la décision et obtenir réparation devant le juge ordinaire. La décision de la Cour Constitutionnelle étant revêtue de l’autorité de la chose jugée et s’imposant à tous les pouvoirs publics au sein de l’Etat.

Quelles perspectives pour la Cour dans les prochaines années ???

La Cour dans les prochaines années gardera son authenticité et ou du moins toutes les vertus qu’on lui connaît même si un vide se fera sentir sans nulle doute car faut-il le rappeler, la composition de la Cour depuis sa création à toujours permis d’avoir au moins en son sein un membre ayant siégé dans la commission de rédaction de la Constitution en 1990. Quoi de plus beau que quelqu’un pour expliquer l’esprit même qui a sous-tendu la rédaction de ce texte tant vénéré dans tout le monde entier en cas de turbulence, de désaccord. Dieu seul sait combien il y en a eu des plus cruciaux qui pouvaient hypothéquer le vouloir vivre ensemble béninois. Aujourd’hui, le dernier dinosaure en la personne du Président Théodore HOLO, partira à la fin de son dernier mandat qui prend fin en 2018. Une nouvelle page, une nouvelle histoire de la Cour Constitutionnelle va commencer. ‘’Je partirai en 2018, à la fin de mon mandat, pour me reposer sans doute. J’ai dépassé la barre des 70ans aussi, donc pas d’ambitions politiques. Vous n’aurez rien à craindre car des personnes compétentes pour servir la Cour et dire le droit, il y en aura. Et, il y aussi et surtout la jurisprudence constante de la Cour pour encadrer les situations futures. Longtemps on a travaillé pour rendre cet état de chose, possible’’ pouvait-on retenir des propos du Président Théodore HOLO lors de son entretien avec les ‘’Jeunes Leaders du Bénin de la Fondation Friedrich Ebert, promotion 2017, en Mai de la même année.

Qu’on soit partisan ou non, politique ou non, privatiste ou non, béninois ou non, la compétence et l’importance de la Cour Constitutionnelle du Bénin n’est plus à démontrer. Longtemps elle a préservée le peuple béninois de multiples situations conflictuelles pouvant embraser le pays. Des visites chaque années de personnes venant du monde entier pour la visiter et s’inspirer de notre modèle, ‘’la justice constitutionnelle made in Benin’’, sont autant de raisons destinées à nous motiver sur son importance et la nécessité de la préserver mais aussi et surtout de la protéger des politiques.

On peut avoir des choses à lui reprocher, c’est tout à fait normal, aucune œuvre humaine n’est parfaite. Mais le génie béninois, avec un tel joyau, tant déjà vers cette perfection. Une question tout de même me taraude l’esprit. Et si la Cour Constitutionnelle disposait d’une police pour l’application dans un délai raisonnable de ses décisions ???

Glory Cyriaque HOSSOU, Juriste, Activiste des Droits humains.

Que retenir de l’EPU 2017 du Benin?

Le vendredi 10 Novembre 2017, le Bénin était à son troisième passage devant le Conseil des Droits de l’Homme des Nations-Unies dans le cadre de l’Examen Périodique Universel. Mécanisme onusien de promotion et de protection des droits de l’Homme ayant pour finalité d’évaluer l’Etat examiné sur son comportement en matière de protection et de promotion des droits de l’Homme.

Se reposant sur trois rapports essentiels, celui de l’Etat examiné, celui des organismes spéciaux des NationsUnies et celui des Organisations Non Gouvernementales active dans le pays examiné, l’Examen Périodique Universel se déroule non tous les jours mais chaque quatre ans et demi. C’était donc une occasion d’attention et de mobilisation des acteurs, surtout de la société civile afin de permettre au Bénin d’être désormais un bon élève en matière de promotion et de protection de l’humain.

Présenté par le garde des sceaux, Ministre de la justice et de la législation, Joseph DJOGBENOU, le rapport de l’Etat béninois a suscité moult interrogations au sein du conseil des droits de l’homme.

Ces interrogations qui ne sont rien d’autres que la préoccupation des pays du monde sur l’état des droits humains au bénin, a donné lieu à une série de recommandations dont quelques-unes sont les suivantes ; la protection de l’enfance et le maintien des filles à l’école, la mise en place de la commission béninoise des droits de l’Homme, l’adoption du code pénal béninois, l’éradication des exécutions extrajudiciaires et biens d’autres.

A ces recommandations, est venu répondre le garde des sceaux en affirmant que le Bénin est un Etat abolitionniste de la peine de mort et que la question des 14 condamnés à mort est depuis peu transférer par le gouvernement au Conseil Supérieur de la Magistrature pour étude. Il a également affirmé que la Commission Béninoise des Droits de l’Homme créée depuis 2013 et toujours pas opérationnelle, le sera dans un bref délai. Que le code pénal béninois sera disponible dans le 1er trimestre de l’année 2018 et que l’Etat béninois demeure aussi préoccupé tout comme la communauté internationale de la question de l’état civil. A cet effet le gouvernement a initié en 2018 le recensement administratif à vocation d’identification de la population afin de doter le pays d’un fichier national d’identification de la population.

Au total, 198 recommandations ont été formulées au Bénin par 82 Etats et sept actuellement font l’objet de rejet. Il s’agit des recommandations sur la lutte contre les détentions arbitraires, les exécutions extrajudiciaires, l’usage excessif de la force, les suspensions arbitraires d’organes de presse et des pratiques discriminatoires à l’égard des femmes et des enfants. Cet état de chose n’a pas laissé la société civile béninoise active dans la promotion et la défense des

droits humains indifférente.

Le groupe de travail regroupant un nombre important d’ONG dont Changement Social Bénin et Amnesty International Bénin, mis en place dans le cadre de cet examen du Benin, a très tôt fait de réagir et a invité le gouvernement à revoir sa position car les points en cause relèvent d’une grande importance pour la consolidation réelle d’un Etat de droit. Il sera important que la dynamique constatée avant et pendant le passage du Bénin devant le Conseil des Droits de l’Homme soit perpétuée afin de faire un réel suivi de mise en œuvre des recommandations et ne pas tomber dans les pièges de 2008 et de 2012 où une synergie réelle n’était pas constatée.

Pour ce faire, aucune force ne sera de trop. Chacun devra travailler à faire de la défense et la promotion des droits humains au Bénin, une question personnelle qui prend siège depuis nos villages et quartier de ville. S’impliquer dans la gestion réelle des affaires publiques de sa communauté afin de contraindre les responsables une reddition des comptes.

Il sera important que chacun s’informe et s’intéresse à la chose publique car aucune participation n’est efficace sans l’information.

Glory Cyriaque HOSSOU.

Le Benin sera examiné vendredi par le Conseil des Droits de l’Homme des Nations-unies.

Le saviez-vous ?

Saviez-vous que le vendredi prochain le Bénin sera examiné par le conseil des droits de l’Homme des Nations-Unies, sur son comportement en matière de promotion et de protection des droits humains ?

Saviez-vous que le Bénin avait reçu des recommandations visant l’amélioration des conditions de vies des populations dans le même cadre en 2008 et 2012 ?

Je ne trahis aucun secret quand j’affirme que ces recommandations ne sont pas respectées par notre pays, parce-que beaucoup n’ont n’y ont pas accès.

Saviez-vous que l’État béninois a dépêché une délégation à Genève pour présenter un rapport sur l’etat des droits humains dans notre pays ? (Sûrement que tout sera rose dans ce rapport)

Heureusement que les ONGs locales seront aussi de la partie pour attirer l’attention sur les conditions réelles de vies des populations.

Saviez-vous que vendredi prochain nous aurons l’opportunité de suivre en direct depuis Genève, cet examen qui sera retransmis en direct à l’Institut français de Cotonou de 9h à 12h30 ?

Eh bien, nous le savons maintenant.

Avec cette retransmission en direct, les acteurs qui feront le déplacement, pourront désormais faire la police derrière nos autorités pour une mise en œuvre effective des nouvelles recommandations.

J’y serai.

L’entrée est libre et gratuite.

#Veillons

L’EXAMEN PERIODIQUE UNIVERSEL POUR SAUVER LE BENIN

L’Examen Périodique Universel est l’un des mécanismes onusien de promotion et de protection des droits de l’homme au plan international. Il est une émanation de la résolution 60/251 du 15 mars 2006 de l’Assemblée Générale des Nations-Unies qui sera à l’origine de la création du Conseil des Droits de l’Homme en remplacement de la Commission des Droits de l’Homme jugée  »trop politique ».

Il se déroule chaque quatre an à Genève au siège du Haut Commissariat des Nations-Unies aux Droits de l’Homme et a pour but d’évaluer les Etats membres de l’ Organisation des Nations-Unies sur leurs comportements en matière de promotion et de protection des droits humains et de leur formuler des recommandations. Le 1er cycle a débuté en 2008 et nous en sommes depuis, au 3ème cycle. Plusieurs puissances se sont donc vues évaluées au moins deux fois depuis 2008 et des recommandations ont été formulées à leur endroit en vue d’une amélioration positive.

Quel rôle peut jouer l’Examen Périodique Universel dans un pays comme le Benin ?

Dans un pays tel le Bénin, l’Examen Périodique Universel se présente comme le dernier rempart capable d’amener les politiques à replacer la protection et la promotion de l’humain au cœur des décisions. Dans un pays où les conditions de détentions en milieux carcéraux frisent l’inhumanité, où les enfants n’ont pas d’actes de naissances ni accès à une éducation de qualité, où la corruption est érigée en système de gouvernance et la promotion de l’impunité en crédo. Dans un pays où l’administration judiciaire est gangrénée par plusieurs maux, au point d’éprouver la confiance des justiciables, l’Examen Periodique Universelne peut qu’être un atout, un espoir pour redonner confiance.

Pourquoi participer à l’Examen Periodique Universel?

Participer à l’Examen Périodique Universel permet aux organisations de la société civile de fournir un rapport alternatif à celui déposer par l’Etat et qui vise à montrer à ses pairs des Nations-unies chargés de l’évaluer, les réalités du pays vu des acteurs directs.

Ce rapport des organisations de la société civile vise également à se démarquer de celui de l’Etat qui généralement a pour but de tout peindre en rose tel un paradis.

En plus de ces deux rapports, les organismes spéciaux des Nations-Unies déposent eux aussi, un rapport sur le pays examiné. Ce qui fait un total de trois rapports sur lesquels se base le Conseil des Droits de l’Homme pour mener l’examen.

Le leadership de rédaction du rapport 2017 de la société civile au Bénin, est à mettre à l’actif de l’ONG Changement Social Bénin dont je suis un des volontaires. Ce rapport présenté en Novembre 2017 est le fruit d’une synergie d’actions des organisations de la société civile béninoise, défenseures des droits humains.

Quelles sont les étapes de l’Examen Périodique Universel ?

Cinq étapes sont à retenir pour une bonne préparation et une bonne réussite de l’Examen Périodique Universel : il s’agit des consultations nationales qui réunit tous les acteurs au plan national que ce soit étatique ou organisations de la société civile, de la rédaction des rapports contenant les différentes analyses et points saillants à soulever devant les experts, de la pré session à Genève en prélude à la session et qui vise à faire connaitre à l’avance auprès des Etats examinateurs les prétentions de la société civile, de l’examen proprement dit et le suivi de mise en œuvre des recommandations formulées.

Le Bénin sera évalué pour la troisième fois le 10 Novembre 2017

Oui, pour la troisième fois notre pays sera évalué par le Conseil des Droits de l’Homme et cette édition mérite une attention particulière.

Les organisations de la société civile se sont mobilisées pour mieux faire entendre leurs voix à Genève. Plusieurs actions sont en vue pour ce jour particulier afin de faire connaître à la face du monde les problèmes dont souffre le Bénin afin que des solutions idoines soient apportées. Après l’Examen, une équipe de veille se chargera de faire le suivi de mises en œuvre des recommandations qui seront formulées afin que 2022 ne soit pas une répétition de 2017.

Le respect des droits humains fait partie aujourd’hui des critères d’évaluation des Etats et de conditionnement des aides au développement.

Il sera donc important que le Bénin, pour continuer par bénéficier des aides s’attèle à faire de l’éducation aux droits humains, de la promotion et de la protection des droits humains une réalité.

Glory Cyriaque HOSSOU.

L’albinisme n’est pas une fatalité, il peut être vaincu

Elles n’ont jamais été considérées, elles n’ont jamais été prises en compte, elles n’ont jamais été entendues, et pourtant, elles existent et font partie intégrante de notre société. Elles font l’objet fréquemment de traque, d’attaques, de massacre depuis leur tendre enfance, pour diverses raisons les unes aussi saugrenues que les autres. Pour certaines personnes aux esprits mal éveillé, elles sont des dieux, pour d’autres, leurs sacrifices sont sources de bonheur.

POUR MOI, ELLES SONT DES ETRES HUMAINS, DOUES DE RAISONS ET DE SENSIBLITE ET PEUVENT DONC RESSENTIR LA PEUR, LA JOIE, LA TRISTESSE. ELLES DOIVENT ETRE PROTEGES AU MEME TITRE QUE TOUTES LES AUTRES COMPOSANTES DE LA SOCIETE ET NON ETRE DES OBJETS DE RAILLERIE, DE MOQUERIE DE DISPARITION FORCEE.

Tout le monde peut donner naissance à un enfant atteint d’albinisme. Attention !

L’albinisme n’est pas une fatalité, il peut être vaincu. Il s’agit d’une condition génétique héréditaire, non contagieuse caractérisée par une absence de mélanine dans la peau (substance qui colore la peau). Cette absence, est la cause d’un double handicap pour les personnes atteintes d’albinisme : une peau sensible aux rayons solaires et une faible acuité visuelle caractérisée par une incapacité presque totale de correction au moyen des verres. Elles sont également plus exposées aux risques du cancer de peau.

Dans le domaine éducatif, elles éprouvent d’énormes difficultés du fait de leurs conditions. Des fois venant de leur propre camarades qui les rejettent en leur lançant des bouts de craies, en se moquant d’elles, en les excluant des jeux de groupe ; des fois, de leur propres enseignants qui refusent de faire des efforts, des concessions, pour leur faciliter l’accès à une éducation de qualité ; qui ne comprennent pas souvent leur déficience.

Aujourd’hui, elles se sont regroupées en association, parce qu’elles en ont le droit. Elles se sont regroupées pour mieux faire entendre leur voix, pour revendiquer ce qui leur est dû, pour attirer l’attention des pouvoirs publics sur leurs conditions de vie et d’existences. Pour un meilleur mieux être.

J’ai eu la chance de suivre une de leurs activités en septembre 2017. Elle portait sur la nécessité d’un plaidoyer pour une éducation inclusive des élèves atteints d’albinisme au Bénin. Elles veulent un meilleur accès à l’éducation à leurs paires. Un accès à l’éducation dénué de tout mythe, de toutes stigmatisations. Un accès à l’éducation empreint d’intégration et de compréhension. Elles veulent se faire bien former pour être utiles à leur pays. Quoi de plus noble ?

L’une des difficultés qu’éprouvent les personnes atteintes d’albinisme est bien la faible acuité visuelle qui les caractérise. Une incapacité à lire de loin ou même de près lorsque l’écriture est de petits caractères. Elles demandent donc que les prochaines épreuves d’examens de juin 2018 au primaire et au secondaire soient à leur porté, sans difficulté de vision, de lecture.

Elles veulent que la taille de police des épreuves soit désormais de 20 au lieu de 12 Times New Romans. Une demande noble qui ne devrait souffrir d’aucune contestation, d’aucune négligence, d’aucune désapprobation. Pourquoi espérer des résultats d’une personne à qui l’on n’a pas donné des moyens de les réaliser ?

Il sera important que cette doléance puisse prospérée et qu’on éviter des arguments mesquins pour ne pas les satisfaire. C’est une question de droits humains, c’est une question de dignité humaine, c’est une question de santé publique.

Aux populations, il va falloir une sensibilisation continuelle sur la question, mettre l’accent sur l’absence de différence entre les êtres-humains. Démythifier les préjugés pour construire un monde meilleur, libre, où il fera bon vivre. L’éducation aux droits humains. C’est ce qu’il faut.

L’albinisme n’est pas une fatalité, il peut être vaincu.

Glory Cyriaque Hossou

…travailler pour soi est plus important qu’être salarié…

Victorien AGOUTY est l’un des jeunes béninois qui essaie aujourd’hui de marquer son temps en faisant ce qu’il sait faire le mieux, ce pour quoi il vit au quotidien, la production d’huile palmiste. Rare sont ces béninois dans une atmosphère délétère où trouver un emploi relève non pas de l’ordinaire mais de l’extraordinaire, qui sont prêts à abandonner un emploi salarié pour aller cultiver la terre. C’est justement ce qu’il a réalisé il y a quelques années et aujourd’hui il se propose de nous raconter son expérience, de nous dire s’il regrette ou pas son choix à l’heure actuelle et quel type de message il voudrait lancer à la jeunesse du Bénin, lui qui est devenu un modèle d’inspiration, un des béninois qui détiennent le monopole de l’huile palmiste.

Dis-nous Victorien, comment as-tu pu opérer ce retour à la terre au point d’abandonner un emploi salarié ?

C’était une question de vision et j’avais finis par comprendre que travailler pour soi est plus rentable qu’être salarié, parce qu’être salarié c’est se limiter et avoir une vie limiter durant les trente ans de service. Mais avec le business, entreprendre soi-même permet de réaliser les objectifs de vie et de carrière. Ça vous permet d’apporter une valeur ajoutée au monde, de laisser une trace dans l’humanité que d’être salarié.

Après la visite de tes installations, on se rend bien compte que tu mènes une activité prospère et très inspirante. C’est le fruit de combien d’année de travail et qu’est-ce qui te motive autant ?

Ce que les yeux ont vu, l’esprit le conçoit dit-on. C’est ce que j’avais déjà vu quand j’étais en Côte-d’Ivoire où de grandes industries assurent le monopole du palmier à huile. Je me suis donc dis que si ça a été possible ailleurs, pourquoi pas ici au Bénin ? C’est comme ça je suis revenu au Bénin et j’ai commencé par entreprendre il y a cinq ans environ après avoir démissionné de mon poste à Prodicom.

Peut-on dire aujourd’hui que tu es heureux dans ce que tu fais et quel est ton chiffre d’affaire ?

Je suis heureux dans ce que je fais parce que je m’y plais, j’arrive à atteindre mes objectifs, ce qui me rend heureux. Mon chiffre d’affaire s’élève aujourd’hui à cinq million au minimum par mois. Je prévois d’ailleurs l’améliorer dans les jours à venir. J’ai des clients qui viennent d’un peu partout du Bénin et de la sous-région ouest africaine. Je suis convaincu que je ne me suis pas trompé de chemin.

Quelles sont tes défis et perspectives à court moyen et long terme aussi bien pour toi et ton entreprise ?

Les anglais disent ‘’Every time i have the challenge that Im facing now’’, tous les jours j’ai des challenges, des défis, que je suis en train de surmonter petitement. Il y a un an, si tu étais venu ici, ce n’était pas comme ça, aujourd’hui ce n’est pas comme ça et demain ça ne sera pas comme ça. Tous les jours il y a des obstacles, mais avec la vision et le courage on essaie de surmonter petitement et on s’en sort.

Tu voudrais lancer un appel à la jeunesse qui hésite aujourd’hui et qui manque de repères ?

Je voudrais dire aux jeunes qui me lisent aujourd’hui de ne pas toujours attendre l’Etat ou de compter sur lui sur tous les plans. Vous risquez d’être déçus si vous ne l’êtes déjà. Être salarié aujourd’hui, c’est quelque chose que déplore. Rester dans l’espérance de travailler au ministère, à la fonction publique, ne devrait plus être l’apanage de la jeunesse. Il faut que les jeunes changent de mentalité et commencent par entreprendre.

Que les jeunes acceptent de payer le prix de la formation avant de prétendre gagner gros. Dieu nous a créé pour que nous puissions impacter le monde, tant qu’on n’entreprend pas, on ne pourra impacter notre monde.

MERCI VICTORIEN ET DU COURAGE DANS TES ENTREPRISES.

Merci à vous.

L’importance de l’acte de naissance

À deux semaines de la reprise des classes, il est important de rappeler aux parents certaines attitudes et réflexes à adopter afin de faciliter une bonne rentrée scolaire des enfants.

Dans l’émission  »au regard de l’espoir » de ce matin, sur la station universitaire, nous avions mis l’accent sur la nécessité de retirer les actes de naissance au plutôt afin de ne pas avoir à courir à la dernière minute.

L’acte de naissance est le 1er document officiel de l’enfant. Ce qui lui donne le droit de s’inscrire à l’école pour recevoir une éducation de qualité gage d’un développement futur.

Avec le nouveau code de l’enfant, le retrait de l’acte de naissance se fait au centre d’etat civil (Mairie, arrondissement) le plus proche du lieu d’accouchement et ce, gratuitement.

Mon message ce dimanche 03 septembre 2017, est de convier chacun, à se préoccuper de son cadre de vie.

Prenons des nouvelles de nos entourages immédiats, de façon à encourager les parents à aller retirer les actes de naissance et de pouvoir inscrire librement leurs enfants.

 »Chacun, de part sa position, peut contribuer à l’épanouissement de la petite enfance »