Le débat citoyen!

 »Il n’y a pas de temps pour le débat, le débat est de tout les temps »  c’est ce qu’à compris l’Association Béninoise de Droit Constitutionnelle (ABDC) en organisant ce Jour, Jeudi 21 Juillet 2016,  » les troisième entretiens politiques  » dont le thème général portait sur les <<Réformes politiques et institutionnelles au Bénin>>.

Les divers acteurs qui animent la vie sociopolitique du pays ont été conviés à ce débat pour relever le niveau des échanges sur le rapport déposé par la Commission DJOGBENOU, chargée d’opiner sur les réformes politiques et institutionnelles dont le Bénin a besoin pour son développement durable.

Les troisièmes entretiens politiques de l’ABDC avaient pour objectif général la présentation succincte du rapport de la commission DJOGBENOU chargée de réfléchir sur les réformes politiques et institutionnelles pouvant permettre au Bénin d’amorcer une nouvelle marche pour un développement durable, et de permettre aux participants de pouvoir apporter leurs différents points de vue sur ledit rapport. 

Les débats sur la constitutionnalisation de la Cour des Comptes et le mandat unique ont beaucoup plus retenu l’attention des participants même si on aurait aimé que la question des droits humains soit aussi débattue avec beaucoup de vigueur comme on a pu le constaté ce jour.

Si la question de la constitutionnalisation de la Cour des Comptes et l’indépendance totale des juges devant y siéger a fait l’unanimité dans le rang des panélistes et des participants. La question sur le mandat unique à quant à elle enregistrée beaucoup de divergences. Les pros mandat unique soutiennent que cette nouvelle réforme apportera toutes les vertus de développement au Bénin car le Président devra  désormais se consacrer à son seul et unique mandat dénué de toutes idées de réélection. Les anti mandat unique ont quant à eux souligné le fait que le Bénin a toujours connu depuis 25ans une stabilité politique, et que même l’article 42 de notre constitution a déjà réglé en soi la question du mandat unique.

D’autres questions non moins importantes ont également été débattues mais très vite, à savoir, les questions sur ; l’immunité parlementaire des députés, le mandat des juges de la Cour Constitutionnelle, la constitutionnalisation de la CENA….

Glory Cyriaque HOSSOU

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L’EXAMEN PERIODIQUE UNIVERSEL POUR SAUVER LE BENIN

L’Examen Périodique Universel est l’un des mécanismes onusien de promotion et de protection des droits de l’homme au plan international. Il est une émanation de la résolution 60/251 du 15 mars 2006 de l’Assemblée Générale des Nations-Unies qui sera à l’origine de la création du Conseil des Droits de l’Homme en remplacement de la Commission des Droits de l’Homme jugée  »trop politique ».

Il se déroule chaque quatre an à Genève au siège du Haut Commissariat des Nations-Unies aux Droits de l’Homme et a pour but d’évaluer les Etats membres de l’ Organisation des Nations-Unies sur leurs comportements en matière de promotion et de protection des droits humains et de leur formuler des recommandations. Le 1er cycle a débuté en 2008 et nous en sommes depuis, au 3ème cycle. Plusieurs puissances se sont donc vues évaluées au moins deux fois depuis 2008 et des recommandations ont été formulées à leur endroit en vue d’une amélioration positive.

Quel rôle peut jouer l’Examen Périodique Universel dans un pays comme le Benin ?

Dans un pays tel le Bénin, l’Examen Périodique Universel se présente comme le dernier rempart capable d’amener les politiques à replacer la protection et la promotion de l’humain au cœur des décisions. Dans un pays où les conditions de détentions en milieux carcéraux frisent l’inhumanité, où les enfants n’ont pas d’actes de naissances ni accès à une éducation de qualité, où la corruption est érigée en système de gouvernance et la promotion de l’impunité en crédo. Dans un pays où l’administration judiciaire est gangrénée par plusieurs maux, au point d’éprouver la confiance des justiciables, l’Examen Periodique Universelne peut qu’être un atout, un espoir pour redonner confiance.

Pourquoi participer à l’Examen Periodique Universel?

Participer à l’Examen Périodique Universel permet aux organisations de la société civile de fournir un rapport alternatif à celui déposer par l’Etat et qui vise à montrer à ses pairs des Nations-unies chargés de l’évaluer, les réalités du pays vu des acteurs directs.

Ce rapport des organisations de la société civile vise également à se démarquer de celui de l’Etat qui généralement a pour but de tout peindre en rose tel un paradis.

En plus de ces deux rapports, les organismes spéciaux des Nations-Unies déposent eux aussi, un rapport sur le pays examiné. Ce qui fait un total de trois rapports sur lesquels se base le Conseil des Droits de l’Homme pour mener l’examen.

Le leadership de rédaction du rapport 2017 de la société civile au Bénin, est à mettre à l’actif de l’ONG Changement Social Bénin dont je suis un des volontaires. Ce rapport présenté en Novembre 2017 est le fruit d’une synergie d’actions des organisations de la société civile béninoise, défenseures des droits humains.

Quelles sont les étapes de l’Examen Périodique Universel ?

Cinq étapes sont à retenir pour une bonne préparation et une bonne réussite de l’Examen Périodique Universel : il s’agit des consultations nationales qui réunit tous les acteurs au plan national que ce soit étatique ou organisations de la société civile, de la rédaction des rapports contenant les différentes analyses et points saillants à soulever devant les experts, de la pré session à Genève en prélude à la session et qui vise à faire connaitre à l’avance auprès des Etats examinateurs les prétentions de la société civile, de l’examen proprement dit et le suivi de mise en œuvre des recommandations formulées.

Le Bénin sera évalué pour la troisième fois le 10 Novembre 2017

Oui, pour la troisième fois notre pays sera évalué par le Conseil des Droits de l’Homme et cette édition mérite une attention particulière.

Les organisations de la société civile se sont mobilisées pour mieux faire entendre leurs voix à Genève. Plusieurs actions sont en vue pour ce jour particulier afin de faire connaître à la face du monde les problèmes dont souffre le Bénin afin que des solutions idoines soient apportées. Après l’Examen, une équipe de veille se chargera de faire le suivi de mises en œuvre des recommandations qui seront formulées afin que 2022 ne soit pas une répétition de 2017.

Le respect des droits humains fait partie aujourd’hui des critères d’évaluation des Etats et de conditionnement des aides au développement.

Il sera donc important que le Bénin, pour continuer par bénéficier des aides s’attèle à faire de l’éducation aux droits humains, de la promotion et de la protection des droits humains une réalité.

Glory Cyriaque HOSSOU.

L’albinisme n’est pas une fatalité, il peut être vaincu

Elles n’ont jamais été considérées, elles n’ont jamais été prises en compte, elles n’ont jamais été entendues, et pourtant, elles existent et font partie intégrante de notre société. Elles font l’objet fréquemment de traque, d’attaques, de massacre depuis leur tendre enfance, pour diverses raisons les unes aussi saugrenues que les autres. Pour certaines personnes aux esprits mal éveillé, elles sont des dieux, pour d’autres, leurs sacrifices sont sources de bonheur.

POUR MOI, ELLES SONT DES ETRES HUMAINS, DOUES DE RAISONS ET DE SENSIBLITE ET PEUVENT DONC RESSENTIR LA PEUR, LA JOIE, LA TRISTESSE. ELLES DOIVENT ETRE PROTEGES AU MEME TITRE QUE TOUTES LES AUTRES COMPOSANTES DE LA SOCIETE ET NON ETRE DES OBJETS DE RAILLERIE, DE MOQUERIE DE DISPARITION FORCEE.

Tout le monde peut donner naissance à un enfant atteint d’albinisme. Attention !

L’albinisme n’est pas une fatalité, il peut être vaincu. Il s’agit d’une condition génétique héréditaire, non contagieuse caractérisée par une absence de mélanine dans la peau (substance qui colore la peau). Cette absence, est la cause d’un double handicap pour les personnes atteintes d’albinisme : une peau sensible aux rayons solaires et une faible acuité visuelle caractérisée par une incapacité presque totale de correction au moyen des verres. Elles sont également plus exposées aux risques du cancer de peau.

Dans le domaine éducatif, elles éprouvent d’énormes difficultés du fait de leurs conditions. Des fois venant de leur propre camarades qui les rejettent en leur lançant des bouts de craies, en se moquant d’elles, en les excluant des jeux de groupe ; des fois, de leur propres enseignants qui refusent de faire des efforts, des concessions, pour leur faciliter l’accès à une éducation de qualité ; qui ne comprennent pas souvent leur déficience.

Aujourd’hui, elles se sont regroupées en association, parce qu’elles en ont le droit. Elles se sont regroupées pour mieux faire entendre leur voix, pour revendiquer ce qui leur est dû, pour attirer l’attention des pouvoirs publics sur leurs conditions de vie et d’existences. Pour un meilleur mieux être.

J’ai eu la chance de suivre une de leurs activités en septembre 2017. Elle portait sur la nécessité d’un plaidoyer pour une éducation inclusive des élèves atteints d’albinisme au Bénin. Elles veulent un meilleur accès à l’éducation à leurs paires. Un accès à l’éducation dénué de tout mythe, de toutes stigmatisations. Un accès à l’éducation empreint d’intégration et de compréhension. Elles veulent se faire bien former pour être utiles à leur pays. Quoi de plus noble ?

L’une des difficultés qu’éprouvent les personnes atteintes d’albinisme est bien la faible acuité visuelle qui les caractérise. Une incapacité à lire de loin ou même de près lorsque l’écriture est de petits caractères. Elles demandent donc que les prochaines épreuves d’examens de juin 2018 au primaire et au secondaire soient à leur porté, sans difficulté de vision, de lecture.

Elles veulent que la taille de police des épreuves soit désormais de 20 au lieu de 12 Times New Romans. Une demande noble qui ne devrait souffrir d’aucune contestation, d’aucune négligence, d’aucune désapprobation. Pourquoi espérer des résultats d’une personne à qui l’on n’a pas donné des moyens de les réaliser ?

Il sera important que cette doléance puisse prospérée et qu’on éviter des arguments mesquins pour ne pas les satisfaire. C’est une question de droits humains, c’est une question de dignité humaine, c’est une question de santé publique.

Aux populations, il va falloir une sensibilisation continuelle sur la question, mettre l’accent sur l’absence de différence entre les êtres-humains. Démythifier les préjugés pour construire un monde meilleur, libre, où il fera bon vivre. L’éducation aux droits humains. C’est ce qu’il faut.

L’albinisme n’est pas une fatalité, il peut être vaincu.

Glory Cyriaque Hossou

…travailler pour soi est plus important qu’être salarié…

Victorien AGOUTY est l’un des jeunes béninois qui essaie aujourd’hui de marquer son temps en faisant ce qu’il sait faire le mieux, ce pour quoi il vit au quotidien, la production d’huile palmiste. Rare sont ces béninois dans une atmosphère délétère où trouver un emploi relève non pas de l’ordinaire mais de l’extraordinaire, qui sont prêts à abandonner un emploi salarié pour aller cultiver la terre. C’est justement ce qu’il a réalisé il y a quelques années et aujourd’hui il se propose de nous raconter son expérience, de nous dire s’il regrette ou pas son choix à l’heure actuelle et quel type de message il voudrait lancer à la jeunesse du Bénin, lui qui est devenu un modèle d’inspiration, un des béninois qui détiennent le monopole de l’huile palmiste.

Dis-nous Victorien, comment as-tu pu opérer ce retour à la terre au point d’abandonner un emploi salarié ?

C’était une question de vision et j’avais finis par comprendre que travailler pour soi est plus rentable qu’être salarié, parce qu’être salarié c’est se limiter et avoir une vie limiter durant les trente ans de service. Mais avec le business, entreprendre soi-même permet de réaliser les objectifs de vie et de carrière. Ça vous permet d’apporter une valeur ajoutée au monde, de laisser une trace dans l’humanité que d’être salarié.

Après la visite de tes installations, on se rend bien compte que tu mènes une activité prospère et très inspirante. C’est le fruit de combien d’année de travail et qu’est-ce qui te motive autant ?

Ce que les yeux ont vu, l’esprit le conçoit dit-on. C’est ce que j’avais déjà vu quand j’étais en Côte-d’Ivoire où de grandes industries assurent le monopole du palmier à huile. Je me suis donc dis que si ça a été possible ailleurs, pourquoi pas ici au Bénin ? C’est comme ça je suis revenu au Bénin et j’ai commencé par entreprendre il y a cinq ans environ après avoir démissionné de mon poste à Prodicom.

Peut-on dire aujourd’hui que tu es heureux dans ce que tu fais et quel est ton chiffre d’affaire ?

Je suis heureux dans ce que je fais parce que je m’y plais, j’arrive à atteindre mes objectifs, ce qui me rend heureux. Mon chiffre d’affaire s’élève aujourd’hui à cinq million au minimum par mois. Je prévois d’ailleurs l’améliorer dans les jours à venir. J’ai des clients qui viennent d’un peu partout du Bénin et de la sous-région ouest africaine. Je suis convaincu que je ne me suis pas trompé de chemin.

Quelles sont tes défis et perspectives à court moyen et long terme aussi bien pour toi et ton entreprise ?

Les anglais disent ‘’Every time i have the challenge that Im facing now’’, tous les jours j’ai des challenges, des défis, que je suis en train de surmonter petitement. Il y a un an, si tu étais venu ici, ce n’était pas comme ça, aujourd’hui ce n’est pas comme ça et demain ça ne sera pas comme ça. Tous les jours il y a des obstacles, mais avec la vision et le courage on essaie de surmonter petitement et on s’en sort.

Tu voudrais lancer un appel à la jeunesse qui hésite aujourd’hui et qui manque de repères ?

Je voudrais dire aux jeunes qui me lisent aujourd’hui de ne pas toujours attendre l’Etat ou de compter sur lui sur tous les plans. Vous risquez d’être déçus si vous ne l’êtes déjà. Être salarié aujourd’hui, c’est quelque chose que déplore. Rester dans l’espérance de travailler au ministère, à la fonction publique, ne devrait plus être l’apanage de la jeunesse. Il faut que les jeunes changent de mentalité et commencent par entreprendre.

Que les jeunes acceptent de payer le prix de la formation avant de prétendre gagner gros. Dieu nous a créé pour que nous puissions impacter le monde, tant qu’on n’entreprend pas, on ne pourra impacter notre monde.

MERCI VICTORIEN ET DU COURAGE DANS TES ENTREPRISES.

Merci à vous.

L’importance de l’acte de naissance

À deux semaines de la reprise des classes, il est important de rappeler aux parents certaines attitudes et réflexes à adopter afin de faciliter une bonne rentrée scolaire des enfants.

Dans l’émission  »au regard de l’espoir » de ce matin, sur la station universitaire, nous avions mis l’accent sur la nécessité de retirer les actes de naissance au plutôt afin de ne pas avoir à courir à la dernière minute.

L’acte de naissance est le 1er document officiel de l’enfant. Ce qui lui donne le droit de s’inscrire à l’école pour recevoir une éducation de qualité gage d’un développement futur.

Avec le nouveau code de l’enfant, le retrait de l’acte de naissance se fait au centre d’etat civil (Mairie, arrondissement) le plus proche du lieu d’accouchement et ce, gratuitement.

Mon message ce dimanche 03 septembre 2017, est de convier chacun, à se préoccuper de son cadre de vie.

Prenons des nouvelles de nos entourages immédiats, de façon à encourager les parents à aller retirer les actes de naissance et de pouvoir inscrire librement leurs enfants.

 »Chacun, de part sa position, peut contribuer à l’épanouissement de la petite enfance »

Le mariage forcé des enfants, une réalité à éradiquer du Bénin

​Une campagne pour lutter contre le mariage forcé des mineurs, c’est bien ce qu’il faut aujourd’hui dans un pays tel le Bénin où le poids de la tradition, le niveau élevé de d’analphabétisme et de pauvreté  des populations ne sont pas à négliger. Donner son enfant en mariage sans que ce dernier n’ait consenti et n’ait atteint l’âge nubile s’avère être une solution pour survivre. Un respect face à la tradition.



Quelle est l’histoire de ce fléau ???

Le mariage forcé trouve sa source dans l’ensemble des traditions et coutumes des peuples africains. Autre fois, quand le souverain roi jetait son dévolu sur une femme, un enfant, ses sujets n’avaient pas à discuter, ils devaient obtempérer au risque de subir la colère du souverain, représentant de Dieu sur terre. Les terres vous étaient arrachées, vos femmes, de force. Bienvenue la famine, la misère. Vous devenez la risée de tout le royaume et l’unique responsable de malheurs futurs. 

On pouvait aussi rencontrer certaines familles, qui, pour préserver la communauté, d’autre pour faire rentrer les bénéfices de la dot, donnaient leurs enfants en mariage. La fille n’avait pas de parole, elle n’avait qu’à suivre les instructions de ses géniteurs. De nombreuses femmes, hommes, familles, ont grandi avec cette vision injuste de la réalité, erronée de la tradition et en ont transmise à leur descendant. Cette pratique venait de s’ancrer dans l’inconscient collectif portant atteinte et hypothéquant le devenir de nombreux enfants. Certains depuis le ventre de leur mère. Cette pratique a scellée le sort aujourd’hui de certains peuples. C’est affreux. Il faut que ça change.

L’urgence de progresser afin d’en finir!

A l’heure où les nations s’unissent d’une même voix pour progresser sur la voie du développement et faire face aux défis de leur temps, le mariage forcé des enfants s’avère être un frein à cette ambition. Parmi les 700 millions de femmes victimes de mariage forcé dans le monde, plus d’une sur trois, soit 250 millions, l’a été alors qu’elle n’avait pas 15 ans. En Afrique de l’Ouest et du Centre, deux filles sur cinq soit 41% se marient avant l’âge de 18 ans. Cumulativement, la fréquence des mariages des enfants en Afrique subsaharienne est au-dessus de la moyenne mondiale de 34%. Au Bénin, une fille sur 10 est mariée avant l’âge de 15 ans et trois filles sur 10 le sont avant l’âge de 18 ans (sources : Enquête par grappes à indicateurs multiples (MICS, 2014).



Que dit le droit positif béninois sur la question ???

Le droit à longtemps appréhender et encadrer cette pratique néfaste au développement des enfants. Déjà en 1948 et en 1959 avec la déclaration universelle des droits de l’Homme et la déclaration sur les droits de l’enfant, on pouvait déjà entrevoir cette protection de l’enfance. A l’époque, ces déclarations n’étaient pas contraignantes et leur application dépendait du bon vouloir des Etats en raison de leur statut. Une déclaration. Le chemin a été périlleux et il a fallu attendre 30ans après la déclaration sur les droits des enfants soit en 1989, pour voir l’humanité accordée une place prépondérante à la promotion et à la protection des enfants, ceci avec l’avènement de la convention sur les droits de l’enfant. Celle-ci était contraignante et obligeait les Etats l’ayant ratifié à s’y conformer au risque de sanctions. 

Un an après, l’Afrique, au plan régional s’offre une charte sur le bien-être des enfants en reprenant les principes et valeurs édictés dans la convention sur les droits de l’enfant tout en contextualisant et prévoyant une institution de suivi de mise en œuvre de cette charte. Il s’agit du comité africain d’expert sur les droits et le bien-être des enfants du continent africain.

Le Bénin a ratifié et domestiqué avec générosité ces instruments internationaux et régionaux de protection des droits de l’enfant à travers le vote au plan national des lois en la matière (le code des personnes et de la famille, la loi sur l’orientation de l’éducation nationale, la loi sur les violences faites aux filles et aux femmes etc.) dont la dernière en date est bien entendu le code de l’enfant béninois promulgué en décembre 2015. Ce dernier prévoit les différentes sanctions en cas de mariage forcé d’un enfant mineur. Les articles 181, 345, 377, 378 en sont les sièges.

Pourquoi cette pratique qui date de Mathusalem persiste ???

Nonobstant tout cet arsenal juridique, les atteintes et violations aux droits de l’enfant notamment le mariage forcé subsiste au grand désarroi des victimes. Des filles sont mariées de force par leurs parents ou tuteurs, avant d’être physiquement ou émotionnellement matures pour devenir des épouses et des mères. Une étude sur le Comportement, les Attitudes et les Pratiques (CAP) sur les violences et abus sexuels notamment le mariage des enfants, menée par le Ministère des Affaires Sociales avec le soutien de l’UNICEF (2015), a clairement montré que le mariage des enfants est dû à plusieurs causes : les pesanteurs socioculturels, la pauvreté (pour certains, marier une fille réduit inlassablement les charges du ménage) et bien d’autres.

Ces pratiques ont aussi attirées les attentions de la communauté internationale et régionale qui n’ont pas hésité à faire des recommandations au Bénin. Le conseil des droits de l’Homme des Nations-Unies, le comité des Nations-Unies sur les droits de l’enfant, le comité africain d’expert sur les droits et le bien-être de l’enfant ont en ces cinq dernières années formulés des recommandations  sur recommandations afin que le Bénin puisse agir en bon élève en matière de protection des enfants.

 En Novembre 2017, le Bénin sera à nouveau évaluer par ses pairs du conseil des droits de l’Homme des Nations-Unies, plus précisément le 09 Novembre dans le cadre du troisième cycle de l’Examen Périodique Universel, et il est plus qu’évident que si rien n’est fait, les mêmes recommandations referont surface, car l’on ne saurait appartenir à une communauté d’éthique et de valeurs et accepter que les enfants continuent d’être donnés en mariage et ce, by force. 

Cette campagne dénommée TOLERANCE ZERO conduite aujourd’hui par la représentation de l’UNICEF au Bénin en partenariat avec le gouvernement et les organisations de jeunes était donc attendue et est la bienvenue.  



Quelles sont les conséquences du mariage forcé sur les enfants ???

Les conséquences de cette pratique sur les enfants sont multiples et interpellent la conscience humaine. Elles peuvent être fatales sur la santé des fille-épouses. Le mariage forcé prive les enfants de leur éducation et les expose aux violences sexuelles, physiques et psychologiques. Les filles épouses sont rarement en mesure de faire valoir leurs souhaits ou choix (choisir une méthode de planification familiale ou pratiquer des relations sexuelles protégées par exemples) ; elles sont plus à risque d’attraper le VIH/SIDA et autres maladies sexuellement transmissibles ; enfin le mariage des enfants a inéluctablement des conséquences négatives sur la prospérité économique et le développement du Bénin : des milliers de filles n’auront pas les compétences, les connaissances et les perspectives d’emploi qui leur permettraient de construire un avenir prospère pour elles et leur famille et donc contribuer au développement économique de leur pays.



Quelles approches de solutions durables ???

Les voies de sorties sont connues et doivent être exploitées non seulement pour amorcer et insuffler un réel développement au Bénin, mais aussi pour sauver ces milliers d’enfants qui perdent espoirs chaque année et se voient imposés une nouvelle vie autre que celle de leurs espérances. Il sera impérieux de :

 Faire comme prévue dans le cadre de la campagne ‘’Tolérance Zéro au mariage des enfants’’ une vulgarisation des textes de lois qui promeuvent l’enfance au Bénin à travers la diffusion systématique des spots audio et TV, des produits artistiques et des émissions, mais aussi des activités au sein de la communauté, des tournées de mobilisation sociale sur tout le territoire, des dialogues communautaires et des caravanes et projection au sein des communautés et ce dans tous les dialectes du pays ;

 Sensibiliser sur les bonnes pratiques en la matière ;

 Faire une application rigide de ces textes de lois ;

 Réprimer toutes les atteintes conformément à la législation en vigueur ; 

Saisir les juridictions nationales, régionales et internationales pour toutes violations persistantes et enfin

Ratifier le 3è protocole relatif à la Convention des Nations-Unies relative aux Droits de l’enfant établissant une procédure de présentation des communications.

L’espoir est permis, restons mobilisés !

Glory Cyriaque HOSSOU, Glory Cyriaque HOSSOU, Activiste des droits de l’Homme, Blogueur.

L’éducation, un droit libérateur de l’Homme

 L’accès  à  l’éducation  n’est  pas  un  privilège,  c’est  un  droit  de  l’Homme.  Il  est  l’un  des droits  fondamentaux  de  l’être  humain  et  mérite  l’engagement  de  tous  pour  son effectivité. 

 L’éducation  permet  à  l’Homme  de  s’affranchir  et  de  s’affirmer.  Elle  libère  des générations  et  garantit  un  développement  certain  à  une  nation.  Elle  est  reconnue  et adoptée  par  la  plupart  des  Etats  du  monde.  Le  Bénin,  faisant  partie  de  cette  communauté d’éthique  et  de  valeurs  a  ratifié  et  domestiqué  la  plupart  de  ses  instruments  juridiques internationaux  de  promotion  et  de  protection  de  l’éducation  (Déclaration Universelle des Droits Homme,  Pacte International relatif aux Droits Economiques et Sociaux Culturels,  la  Convention relative aux Droits de l’Enfant, la Charte Africaine des Droits et du Bien-être de l’Enfant,  la  déclaration  d’Incheon,  la  constitution  de  notre  pays  et  la  plupart  des  lois nationales).



 On en a même fait notre première priorité Nationale, au terme de l’article 1er de la loi portant orientation de l’éducation Nationale.

 Malgré  cet  arsenal  juridique,  des  problèmes  subsistent  et  empêchent  la  jouissance effective  de  ce  droit  par  les  bénéficiaires  que  sont  les  enfants.  S’il est  vrai  que  le  taux  de scolarisation  est  en  nette  progression  depuis  quelques  années,  c’est  bien  la  qualité  de l’enseignement  reçu  et  les  conditions  de  réception  qui  peinent  à  suivre  le  pas.  Un  tour dans  les  villes  et  contrées  reculées  du  pays  nous  révèle  le  caractère  alarmant  de  ces problèmes  ;  enseignements  dispensés  sous  des  arbres,  des  salles  de  classes  mal  construites et  qui  menacent  la  quiétude  de  tous,  des  effectifs  pléthoriques,  le  niveau  faible  des apprenants  et  même  de  certains  enseignants.  En  un  mot,  nous  avons  un  réel  problème de  mise  en  œuvre des  Droits  Economiques  et  Sociaux  Culturels  et  cela  doit  interpeler  la conscience  de  chacun  et  surtout  de  l’Etat  central. 

 Des  actions  concrètes  et  imminentes nous  interpellent  et  on  doit  y  répondre  pour  sauver  des  générations  et  garantir  une  paix durable  à  la  Nation.  

Les  solutions  sont  connues  et  doivent  être  rendues  effectives.

  C’est une  obligation  !!!


L’importance de l’enregistrement des naissances !

 L’enfant  n’est  pas  un  homme  en  devenir,  c’est  déjà  un  homme.  Il  est  un  créancier  par nature  des  droits  de  l’Homme  et  mérite  notre  plus  profonde  attention.  La  précarité  ne devrait  pas  être  ce  qui  le  qualifie  le  mieux  et  il  est  du  devoir  des  gouvernants  de  garantir la jouissance effective de ses droits. 

Crédit photo: Unicef-Benin

L’enregistrement  des  naissances,  l’un  des  droits  fondamentaux  inhérent  à  l’enfance retient  notre  attention  dans  ce  post  de  par  son  importance  capitale  et  sa  finalité.  Mais combien  de  personnes  connaissent  l’importance  et  la finalité  de  cet  acte  dans  un  pays  à majorité  analphabète.  Le  pays  n’a  plus  besoin  de  textes,  nous  en  disposons  à  foison  et des  meilleurs  (La Déclaration  Universelle  des  Droits  de  l’Homme,  le  Pacte  International relatifs  aux  Droits  Civils  et  Politique,  la  Convention  sur  les  Droits  de  Enfant,  la  Charte Africaine  des  Droits  de  Homme  et  des  Peuples,  la  Constitution  du  11/12/1990,  le  code de  l’enfant…).  Ce  dont  on  a  besoin  aujourd’hui,  c’est  que  l’on  s’attarde  sur  certains concepts  afin  d’éveiller  les  consciences.  La  conscience  des  gouvernants,  la  conscience  des parents.

Crédit photo : UNICEF-Benin

 L’enregistrement  dès  la  naissance  donne  vie  au  nouveau-né.  Par  cet  acte,  il  pourra prétendre  dans  un  futur  bien  proche  aux  avantages  que  procure    la  République  car  vous lui  donnez  une  identité  et  le  sauvez  d’une  marginalisation  indescriptible.  Il  pourra désormais  franchir  sans  ambages  les  différentes  étapes  de  son  cursus  scolaire,  secondaire et  universitaire  sans  se  voir  recaler  pour  un  défaut  d’acte  de  naissance  qui  rappelons-le est  son  passeport  pour  la  vie.  Chacun  de  nous  a  connu  ou  connaît  un  enfant  qui  ne  s’est pas  présenté  ou  ne  se  présentera  pas  à  son  examen  de  fin  d’études  primaires  pour  défaut d’acte de naissance. Il est temps qu’on en finisse !!! 

Crédit photo: Unicef-Benin

Enregistrer  son  enfant  à  la  naissance,  c’est  aussi  permettre  aux  pouvoirs  publics  de détenir  des  statistiques  fiables  sur  certains  mouvements  dans  un  pays  qui  se  veut  sérieux (le taux de décès et de fécondité par exemple). 


Crédit photo: UNICEF-Benin

Aujourd’hui  comme  hier,  il  sera  important  de  mettre  un  accent  sur  la  sensibilisation et  la  vulgarisation  des  textes  de  la  République  dans  nos  langues  maternelles,  et  que  l’Etat central  mette  véritablement  les  moyens  pour.  Il  n’y  a  que  par  ce  biais  qu’on  pourra vaincre le mal.

 L’espoir est permis !!!